Vitamine D : pourquoi on en donne à tous les enfants, et jusqu'à quel âge

C'est l'une des rares supplémentations recommandées pour tous les enfants en bonne santé, et celle qui suscite le plus de questions parce qu'elle contredit l'idée qu'une alimentation équilibrée couvre tout.
Pourquoi elle ne se trouve pas dans l'assiette
La vitamine D a deux origines. La synthèse par la peau sous l'effet du soleil, qui fournit l'essentiel chez l'adulte, et l'alimentation, qui n'apporte qu'une petite part.
Les deux sources sont insuffisantes chez l'enfant en France. Le soleil d'octobre à mars, à nos latitudes, n'a pas l'intensité nécessaire pour déclencher la synthèse, et l'exposition directe des jeunes enfants est de toute façon déconseillée pour la peau. Côté alimentation, seuls les poissons gras en contiennent des quantités notables, et un enfant en mange rarement deux fois par semaine.
Le rôle de cette vitamine est osseux avant tout : elle permet l'absorption du calcium et la minéralisation du squelette pendant la croissance. Une carence sévère provoque le rachitisme, devenu rare en France précisément grâce à cette supplémentation.
Les formes selon l'âge
De la naissance à dix-huit mois. Des gouttes quotidiennes, prescrites dès la maternité, à donner tous les jours. La dose dépend du fait que l'enfant reçoive ou non un lait infantile déjà enrichi, ce que le médecin prend en compte.
De dix-huit mois à cinq ans. Deux doses de charge par an, en général à l'automne et en hiver, sous forme d'ampoule. Certains médecins maintiennent les gouttes quotidiennes, les deux schémas existent.
De cinq à dix-huit ans. Les doses semestrielles hivernales restent recommandées, parfois espacées selon les situations.
Ces schémas ont évolué ces dernières années et varient d'un praticien à l'autre. C'est normal, et ce n'est pas un sujet sur lequel décider seul.
Trois erreurs courantes
Arrêter en été. Les doses de charge sont calculées pour couvrir plusieurs mois, l'arrêt spontané crée un creux. Le rythme est donné par la prescription, pas par la météo.
Doubler parce qu'on a oublié une prise. La vitamine D se stocke dans l'organisme, et le surdosage existe. Une dose oubliée se rattrape en reprenant simplement le rythme normal, jamais en cumulant.
Acheter un complément en libre accès. Les dosages destinés aux adultes ne conviennent pas, et l'enfant reçoit déjà sa prescription. Ajouter une seconde source, c'est risquer le surdosage sans aucun bénéfice.
Les situations qui demandent une attention particulière
Certains enfants ont des besoins majorés : peau foncée, très peu d'exposition extérieure, surpoids, régime excluant les produits animaux, certaines pathologies digestives ou traitements au long cours. Le médecin adapte alors la dose.
Dans tous les cas, le dosage sanguin de vitamine D n'est pas utile en routine chez un enfant en bonne santé. Il est réservé aux situations particulières, sur indication médicale.